Biographie

1971  Born in Gennevilliers, France

1989 bac C (lycée d'Orsay)

1990 Maths Sup M' (lycée d'Orsay)

1991-1992 Ecole de Géomètre DPLG (dorian)

1993-1995 Ecole de photographie (ISNA chambre des métiers à Metz)


Bibliographie

Los Angeles, éditions be-poles, 2007
John Ford Point, éditions filigranes, 2016


Contributions, catalogues

Le siège de l’UNESCO, éditions du patrimoine, 2017
La ville à la plage, connaissance des Arts, 2016
Palm Springs / Le charme des années 50, The Good Life, 2015
Moscou hors les murs, Air France magazine, 2014
Unesco, le palais méconnu, AD magazine, 2012
La grande-Motte / Naissance des vacances, AD magazine, 2012
Anish Kapoor / cathédrale intime, Air France magazine, 2011
Paris 1970, une utopie urbaine, AD magazine, 2011
L’East End de Gilbert & George, Air France magazine, 2009
Catherine Ikam / digital diaries, monografik éditions 2007
La Revue, le magazine de Pierre Bergé & associés, 2004-2007
Yves Saint Laurent, dialogue avec l’Art, 2004


Expositions, accrochages

Le rêve américain (revisité), Galerie Catherine & André Hug Paris, 2017
Los Angeles, The Line hotel L.A. , 2015
Palm Springs - Phoenix, collection particulière Paris, 2015
La poétique de la structure, Cité de l’architecture & du patrimoine, 2014
Los Angeles, The Nomad New York, 2013
Los Angeles, Clic Gallery New York, 2011
Los Angeles, Galerie Philippe Chaume Paris, 2008
Mannequins, collection particulière Paris, 2004


Entretiens, extraits

Clélia Cohen, « libération » 2016

‘Les photographies de Vincent Mercier travaillent presque toujours la collision du présent et du passé. Que ce soit face à la Bank of America de Palm Springs ou dans les tours seventies de Beaugrenelle, il est aux aguets d’une couleur perdue, fragile, revenue de loin, même si la prise date d’ici et maintenant. C’est son alchimie particulière, un peu mystérieuse, un travail sans doute très technique sur les couleurs que le profane ne sait pas définir; tout ce qu’il sentira, c’est un souffle subtilement vintage l’étourdir un instant.’


Claire Mayer, « camera » 2016

‘Vincent Mercier débute des études scientifiques avant de s’adonner à la photographie. L’architecture le passionne et marque ses images, ordonnées et géométriques. Des lignes interfèrent dans ses paysages. C’est son Amérique à lui que Vincent Mercier décrit, marqué par l’empreinte indélébile que lui ont laissé les jeux de son enfance. Coloriste, il maîtrise une couleur qui donne à ses images une texture singulière. Telles des peintures d’Edward Hopper, les rares personnages sont figés dans un temps qui semble suspendu à la suite du voyage.
Ce temps s’est arrêté dans la mémoire du photographe qui souhaite vivre éternellement cet instant. Aujourd’hui ou demain, ces images auront toujours leur place, celle d’une Amérique idéalisée qui laisse transparaître des températures extrêmes et un silence de mort. Le papier mat, sec, rappelle ces paysages désertiques, empreints de solitude.
Seul, Vincent Mercier ne cherche pas l’autre dans ses photographies, mais va à la rencontre de ces paysages solaires et silencieux.’

‘Vincent Mercier studied science before succumbing to the lure of photography. Architecture fascinates him and has left its stamp on his meticulously ordered, geometrical images. Lines are scattered over his landscapes. What Mercier describes in his own personal America, a reflection of the indelible mark left on him by the games of his childhood. His gifts as a colorist give his images a texture all their own. As in Edward Hopper paintings, the rare figures he includes seem frozen in a post-trip time warp. Time has come to a halt in the memory of a photographer seeking to experience this moment for all eternity. Today or tomorrow these images will always have their place: that of an idealized America offering hints of its extremes of temperature and its deathly silence. The dry matte paper conjures up this desert terrain shot through with solitude.Traveling alone, Mercier is not seeking the Other in his photographs; what interests him are these silent, sun-struck landscapes.’


John Ford Point // Par Nadia Ali Belhadj, 2016

Les photos de Vincent Mercier épousent le point de vue du cinéaste américain en capturant "la beauté incandescente" de ce "territoire ancestral", mais il l'inscrit dans notre époque de parcours fléchés pour touristes, de pose factice d'un cow-boy apprêté pour la photographie facile. Attention, nous sommes au nadir du sarcasme cinglant de Parr ! Non, l'œil de Mercier est beaucoup plus tendre, bienveillant ; la majesté des lieux reste le sujet principal. Une femme tente un panorama avec son smartphone ? La belle affaire ! Les paysages n'en pâtissent pas.


Los Angeles // entretien avec Ina Chong, « The good Life » 2015

« A Los Angeles, il y a une esthétique complètement solaire. La lumière américaine me fascine. Ce qui m’intéressait, c’était la lumière puissante de l’après-midi et non le cliché du soleil couchant. Je voulais être inondé de lumière. C’est troublant et impressionnant. Paradoxalement, il y a un silence et une solitude terribles qui s’installent. C’est une ville complètement figée dans la lumière et le soleil. » ‘Une lumière aveuglante qui, aujourd’hui, rend la série de photos appréciable à des générations habituées au culte de la nostalgie et du vintage. Replacée dans son contexte d’époque, c’est une lumière crue qui donne à voir tous les détails témoignant d’une déliquescence largement entamée: les bâtiments poussiéreux, les couleurs affadies, limite désaturées, la végétation cramée.
Une aventure photographique qui se construit comme un road movie. Sans plan de route précis, le photographe suit son instinct et s’arrête à chaque fois que quelque chose accroche son oeil. Une façade aux couleurs passées, la projection d’une ombre sur un mur, les reflets d’une vitre de voiture ou des panneaux aux messages éloquents.’


Los Angeles (portrait de ville) // Aurore Lesniewski 2007

‘A la mémoire de l’American dream.
Le décor se farde de couleurs brulées et fanées. La lumière est pure et violente. Les rues d’inglewood sont immenses. Sunset boulevard est désert. One way. La solitude des façades rigoureuses du Beverly Hilton éclabousse la cité engloutie par le silence. Mise en scène innée d’une traversée dans les coulisses de la cité des anges, au coeur du factice. Splendeur des illusions. Sublime artifices. Ce sont les visions mélancoliques et nostalgiques d’une ville fantasme prisonnière de son image, glorieuse cité, symbole de l’age d’or du cinéma hollywoodien.
Les anges ont disparu. The end. La cité décadente et déjà démodée se ment et joue avec la réalité. Rest in peace. La cité fait jouer à Norma Jean le personnage de Marilyn pour l’éternité. Tout va bien. We finance all your life.’

‘In the memory of the American dream.
The décor paints itself in burnt and faded colors. The light is pure and violent. The streets of inglewood are immense. Sunset Boulevard is deserted. One way. The solitude of the Beverly Hilton’s harsh facades dazzles the city engulfed by silence. An innate mise en scène crossing the backstage of the city of angels, with a fake heart. Splendor of illusions. Sublime artifice. These are the melancholic and nostalgic visions of a fantasy city imprisoned by its image, glorious city, symbol of a golden age of Hollywood cinema.
The angels have disappeared. The end. The decadent already outdated city lies to itself and plays with reality. Rest in peace. The city makes Norma Jean play the character of Marilyn for eternity. All is well. We finance all your life.

préface / entretien avec Brigitte Ollier, 2016

‘Depuis ses débuts en 1996, l’architecture est son péché mignon. Celle en béton, si classique, comme celle qui se dévoile volontiers sous les tropiques. Plus qu’un collectionneur de visages, Vincent Mercier est un homme de paysages, dans la tradition préservée par les géographes du coeur.
Dépaysement / enracinement. Souvenirs de vacances éblouissantes à Carnon-Plage, où il se sent, chaque été, « plongé dans un tableau de David Hockney, les stores orange, les piscines turquoise, les éclaboussures »…
… « Là-bas, il y a tout: les pierres, l’aridité, la violence de la lumière, et la solitude de ceux qui y vivent. J’y ai appris la lenteur, j’y avais surtout une grande liberté. Je me suis nourri de ces lumières d’enfance, celle du Midi comme celle du maquis. J’aime la lumière crue, celle qui est déconseillée dans les cours d’apprentissage. Ca agit sur moi comme dans un fluide. »
« C’était juste une caution. Ernst Haas me donnait l’échelle d’un paysage, aussi celle du temps…On parle peu du temps pour les photographies d’architecture, on a l’impression que c’est statique, or c’est complètement faux, tout n’est que mouvement. Et là, Haas me montrait le cimetière du temps infini, je devais y aller… »
‘J’ai tout de suite aimé ses photographies. Il n’avait pas cherché à rendre la scène plus brut, il avait juste posé un cadre sur ce paysage.. un écran grandeur nature où chacun pouvait glisser ses vibrations d’enfant.’


‘Since his professional début in 1996, architecture has been a favorite theme - both classic concrète and the popular forms emerging in the tropics. More than a collector of faces, Vincent Mercier is a man of landscapes, in the tradition preserved by romantic geographers.
Being uprooted or taking root. Souvenirs of dazzling holidays in Carnon-Plage, where every year he felt he had been « thrown into a David Hockney painting, with orange shutters, turquoise swimming pools and splashes. » »…
… « Every thing was there: the stones, the dryness, the harponnes of the light and the solitude of those who lived there. There, i learned to take my time and above all, i enjoyed my immense freedom. I drank in the lights of my childhood, the Midi and the hills. I like raw light, which is advised against in photography classes. It acts on me like a fluid.»
« It was a kind of permission. Ernst Haas gave me the scale of a landscape and of time…No one talks much about time in architectural photographs. People think they’re static, which is completely mistaken, since it’s all about movement. Haas showed me the cemetery of infinite time and i had to go there… »
‘I immediately likes his photos. He had not tried to make scene any wilder, he had just put a frame on this landscape.. a life-sized screen where anyone could remember their childhood feelings.’

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